Avortement clandestin, trêve de moralité il faut agir !

Quand il est question d’avortement le débat part très vite en couille et la première chose qu’on sort est généralement : « si ta mère avait avorté, tu ne serais pas là ». C’est vrai ! Pour parler de moi, très personnellement, ma mère n’a pas été contrainte de me garder. Je suis un enfant voulu. Bref ! pour mener une discussion constructive, il faut circonscrire la réflexion et aller au-delà de nos considérations personnelles. Ouvrons les yeux, c’est chaud. 

Au-delà de l’émotion, cherchons une solution appropriée…

5,8 millions d’avortements clandestins par an en Afrique…

Mettons-nous d’accord, on ne parlera pas de « pour ou contre » l’avortement ? Ça n’a rien changé. Les filles qui veulent et peuvent avorter le font. Pas parce qu’elles ignorent ce que la société en pense. Parlons des filles et femmes qui décident d’avorter et qui, malheureusement, se mettent en danger en faisant le choix de l’avortement à risque. L’OMS estime qu’en Afrique, environs 6 millions d’avortements sont pratiqués chaque année et seulement 3% sont médicalisés. Soit, 5.820.000 (cinq millions huit cents vingt mille) avortements clandestins ont lieu chaque année sous notre nez.

Voici des chiffres qui montrent bien la gravité de la situation sous notre nez et au grand dam de la morale et parfois de la loi.

#Lesfemmesveulent que, lorsque la morale a épuisé ses cartes, il faut être moins rigide et adapter le discours. Et moi je suis convaincue que, pour régler le problème, il faut régulariser tout ça. Il est important de trouver un cadre légal autour de l’avortement médicalisé. C’est une affaire de « avortement : interdit mais pratiqué en Côte d’Ivoire

#Monchoix, l’avortement médicalisé…

Voici une belle petite définition qui nous aidera à bien comprendre la thématique et intégrer ce que c’est « l’avortement médicalisé » ?

Au sens du Protocole de Maputo,

l’« Avortement médicalisé » désigne les services d’avortement sans risque, fournis au moyen de médicaments ou méthodes spécifiques, avec tous les renseignements nécessaires et le consentement éclairé des intéressés, par des professionnels de santé

des niveaux primaire, secondaire et tertiaire, formés à l’avortement médicalisé, conformément aux normes de l’OMS. Ces services comportent aussi des techniques chirurgicales et des traitements.

Décortiquons un peu.

Informations + évaluation des risques = décision éclairée 

« Avortement médicalisé » égal à :

  • Services sans risques : il s’agit d’éviter de mettre la vie de la femme en danger – la tuer ou endommager son utérus. Ici l’avortement médicalisé doit être un traitement censé protéger la santé de la femme qui en fait le choix.
  • Renseignements : la fille/femme qui décide d’avorter droit à l’information nécessaire. Elle doit connaître les risques encourus. Si c’est dangereux pour elle ou pas.
  • Consentement éclairé : avoir la bonne information conduit à prendre la bonne décision. Cela permet de s’assurer que la femme avorte en connaissance de causes. L’avortement ne doit pas être une improvisation.
  • Professionnels de la santé formés à l’avortement : eh non ! La vieille mère du quartier, la maman du marché ou l’étudiant en médecine qui doit payer ses frais de scolarité n’est pas un professionnel de la santé formé à l’avortement. Attention les filles !
  • Techniques chirurgicales et traitements : il ne s’agit pas de faire “sauter la grossesse“ et basta !

Pour les survivantes, c’est le début du calvaire… 

Pour ce que ça vaut, l’avortement médicalisé c’est tout un processus. Il n’est pas question d’allonger la femme qui vient au centre de santé sur un lit et paf on fait sauter la grossesse ! On n’est pas à la boucherie dêh !

No comment… 

L’avortement à risque met en danger la santé physique, psychologique de la femme. Enfin, si elle reste en vie pour en souffrir !

Conséquences physiques : il y a des risques de tétanos – hémorragie – anémie – infection pelviens – stérilité secondaire – hystérectomie (acte chirurgical qui consiste à enlever l’utérus).

Conséquences psychologiques : dans nos sociétés, la fille qui avorte devient très vite une référence d’immoralité. Pour la femme, culpabilité – dépression – troubles du sommeil – regret – instabilité mentale viennent creuser l’abîme dans lequel elle se trouve.

Conséquences sociales : rejet de la famille – stigmatisation – déscolarisation – emprisonnement (parce que l’avortement reste interdit/limité en Côte d’Ivoire et dans plusieurs pays d’Afrique).

Et l’irréparable, c’est LA MORT !

Ps : [LE DROIT A L’AVORTEMENT MEDICALISE EN CAS D’AGRESSION SEXUELLE, DE VIOL, D’INCESTE ET LORSQUE LA GROSSESSE MET EN DANGER LA SANTE MENTALE ET PHYSIQUE DE LA MERE OU LA VIE DE LA MERE OU DU FŒTUS.]

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